Affaire Lyhanna : L’USM dans les médias pour répondre aux attaques contre l’institution

8 juin 2026

Le drame épouvantable de la disparition de la jeune Lyhanna et la découverte de son corps dans le Gers suscitent une légitime et profonde émotion à laquelle l’USM s’associe pleinement.

Cependant, nous assistons depuis plusieurs jours à une instrumentalisation politique inacceptable de ce drame par l’exécutif. Face aux déclarations d’Emmanuel Macron visant à écarter d’emblée toute question de moyens, aux menaces de sanctions brandies par le ministre de la Justice avant même les conclusions de l’Inspection générale de la justice (IGJ), ou encore à l’idée d’une création d’une cour disciplinaire des magistrats lancée par le président des Républicains ou à l’appel d’un candidat à la présidentielle à l’interdiction des syndicats de magistrats, l’USM est en première ligne dans les médias.

Notre président, Ludovic Friat, notre secrétaire générale, Alexandra Vaillant, et notre secrétaire général adjoint, Aurélien Martini, sont intervenus à plusieurs reprises pour porter la voix des magistrats de terrain. Les interventions de l’USM couvrent l’ensemble du paysage médiatique : les agences de presse, la presse écrite et numérique, la radio, ainsi que les chaînes d’information en continu. France TV, AFP, BFM, LCI, CNEWS, RTL, SUD RADIO, OUEST France, SUD OUEST ….

Voici la synthèse des éléments de langage et des arguments que nous opposons fermement à la rhétorique gouvernementale :

  • Le refus des boucs émissaires : L’USM dénonce la volonté de l’exécutif de désigner des coupables idéaux au sein des parquets pour s’exonérer de ses propres responsabilités. Nous refusons le principe d’une justice expéditive anti-magistrats dictée par l’agenda médiatique, d’autant plus dans un contexte où la procureure d’Auch a dû faire l’objet de menaces inacceptables.
  • L’enfer de l’inflation normative : Pour expliquer les dysfonctionnements dans le suivi des plaintes antérieures, nous mettons le ministère face à ses propres contradictions. Le chiffre est éloquent : pas moins de 42 circulaires et 72 dépêches ont été envoyées aux parquets depuis 2025. Cette avalanche d’injonctions descendantes se fait sans jamais évaluer la capacité réelle des services à les absorber.
  • « Trop de priorités tue la priorité » : Face au déni du gouvernement sur le manque de moyens, l’USM rappelle qu’il est impossible de traiter l’urgence quand tout devient prioritaire. Avec une moyenne de 3 procureurs pour 100 000 habitants, les parquets et les services d’enquête (police et gendarmerie) font face à un goulet d’étranglement structurel. Ce ne sont pas des « choix de priorisation » défaillants, mais un manque criant de forces vives pour absorber les millions de plaintes en souffrance.
  • La défense du temps judiciaire : Nous continuons de marteler que le temps de l’enquête technique et le respect du secret de l’instruction sont les seuls garants d’une justice sereine et équitable, loin du tribunal populaire des plateaux de télévision.

L’USM reste pleinement mobilisée pour défendre l’indépendance de notre institution et la dignité de notre exercice professionnel face à ces attaques opportunistes, dans un contexte de pénurie de moyens dénoncé depuis des décennies par notre syndicat. Nous ne laisserons pas les magistrats servir de paratonnerre aux manquements de l’État.